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Mohamed Fellag : Le Tribun qui Fait Rire l’Algérie et la France

Contact et Site Officiel

Les réseaux sociaux officiels et vérifiés de Mohamed Fellag ne sont pas publiquement actifs sur les grandes plateformes. Son site officiel est accessible à l’adresse fellag.fr.

Présentation Générale

Mohamed Fellag est un humoriste, acteur, metteur en scène et écrivain algérien dont la voix unique a traversé les frontières, les langues et les décennies pour s’imposer comme l’une des plus importantes de l’humour francophone contemporain. Né le 31 mars 1950 à Azeffoun, en Kabylie, il construit une œuvre rare : celle d’un artiste capable de parler de l’exil, de la guerre civile et des fractures d’une société avec la précision d’un bistouri et la chaleur d’un conteur berbère.

Né à Azeffoun (Kabylie) en 1950, Mohamed Fellag est humoriste, acteur et écrivain. Formé à l’Institut national d’art dramatique et chorégraphique d’Alger dès 1968, il crée son premier spectacle en 1986 avant de s’exiler à Paris en 1995, fuyant la guerre civile algérienne. Ses spectacles, mêlant kabyle, arabe et français, lui valent le Prix du Syndicat de la critique en 1997-1998 et font de lui une figure majeure de la scène franco-algérienne.

Chronologie Marquante

  • 1950 – Naissance le 31 mars à Azeffoun (alors Port-Gueydon), en Kabylie, aîné d’une famille de trois frères et trois sœurs
  • 1965 – Mort de son père dans un accident de voiture lors d’une mission ; Fellag a 15 ans
  • 1968-1972 – Études à l’Institut national d’art dramatique et chorégraphique d’Alger, à Bordj el Kiffan
  • 1978-1981 – Premier séjour en France et au Canada, vivant de petits emplois
  • 1985 – Retour en Algérie, engagement au Théâtre national algérien
  • 1986 – Création du premier one-man-show, Les Aventures de Tchop, à Alger
  • 1989 – Création de Cocktail Khorotov
  • 1990 – Création de SOS Labès
  • 1991 – Création de Babor Australia en kabyle, révélation nationale
  • 1993 – Nommé directeur du théâtre de Béjaïa
  • 1994 – Tournée avec Un Bateau pour l’Australie en Algérie puis en Tunisie ; création de Delirium à Tunis
  • 1995 – Exil à Paris après des menaces de mort pendant la guerre civile
  • 1997Djurdjurassique Bled, son premier spectacle en français, triomphe à Paris (créé en décembre)
  • 1998 – Prix du Syndicat de la critique, révélation théâtrale de l’année
  • 2003 – Prix Raymond Devos, Prix de la SACD de la Francophonie, Prix de l’Humour noir
  • 2011 – Rôle principal dans Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau
  • 2012 – Prix Génie de la meilleure interprétation masculine (Canada) pour Monsieur Lazhar
  • 2014 – Nomination au Molière du seul en scène pour Petits Chocs des civilisations
  • 2016Bled Runner créé au Théâtre du Rond-Point, Paris ; longue tournée nationale
  • 2017 – Décès de Marianne Épin, compagne et metteuse en scène de plusieurs spectacles (9 décembre)

Les Origines : Enfance Kabyle et Vocation Artistique

Une Kabylie comme première scène

Mohamed Fellag grandit dans un univers façonné par deux ruptures fondatrices. La première est linguistique : enfant, il ne parle que le kabyle, langue de sa mère et de sa montagne, jusqu’à ce que la famille rejoigne Alger alors qu’il a huit ans. Il y apprend alors l’arabe algérien, puis le français. Cette triglossie — kabyle, arabe, français — deviendra la signature la plus distinctive de son art, une marque qui lui permet de toucher des publics radicalement différents dans une même soirée.

La seconde rupture est familiale. Son père, technicien en hydraulique et militant FLN pendant la guerre d’indépendance, meurt dans un accident de voiture en 1965, lors d’une mission. Le jeune Fellag a quinze ans. Issu d’une famille modeste — sa mère est femme au foyer, il est l’aîné de trois frères et trois sœurs —, il hérite d’un sens aigu des dynamiques collectives et de la solidarité comme mode de vie.

La scène comme refuge, l’école comme révélation

Poussé par une vocation précoce — « c’était faire l’acteur ou le suicide », dira-t-il lui-même —, il intègre en 1968 l’Institut national d’art dramatique et chorégraphique d’Alger, à Bordj el Kiffan. Il y reste quatre ans, jusqu’en 1972, et en sort avec une formation solide en jeu, mise en scène et écriture. Par la suite, il fonde sa propre compagnie avec d’anciens camarades. Ensemble, ils écrivent des textes, jouent dans les prisons, les usines, les campagnes. Ce théâtre populaire, imprégné de la tradition des conteurs berbères, forge une approche radicalement différente de celle des salles parisiennes.

Le premier séjour à l’étranger et le retour aux sources

De 1978 à 1981, Fellag séjourne en France et au Canada, vivant de petits emplois et repoussant sans cesse la réalisation de ses projets artistiques. En septembre 1985, il décide de rentrer en Algérie. Engagé par le Théâtre national algérien pour interpréter L’Art de la comédie d’Eduardo De Filippo, il commence à écrire les textes qui feront de lui une star nationale.

Le Style Unique de Fellag : Entre Tradition Orale et Satire Politique

La Révélation : Comment Fellag a Conquis l’Algérie

En 1986, la création des Aventures de Tchop déclenche un véritable séisme culturel. Fellag est le premier artiste à oser plaisanter publiquement du président algérien et de la sécurité militaire. À une époque d’éphémère libéralisation, ses performances mêlant kabyle, arabe et français provoquent une réaction populaire sans précédent. La télévision nationale algérienne, regardée jusqu’en Tunisie et au Maroc, diffuse ses spectacles. L’acteur Mustapha Laribi le dira mieux que quiconque : « À tous les niveaux, son numéro rompait avec les usages. »

Techniques et Signature Artistique

  • La polyphonie linguistique : chaque personnage parle dans sa propre langue — kabyle, arabe dialectal, français —, créant une carte sonore de la société algérienne
  • L’incarnation totale : Fellag ne décrit pas ses personnages, il les devient, en changeant de voix, de posture, d’accent en quelques secondes
  • L’humour de la douleur : les sujets les plus graves — exil, violence politique, deuil national — sont traités avec une tendresse teintée d’ironie
  • Le conte revisité : la structure narrative de ses spectacles s’inspire directement de la tradition orale kabyle, avec ses digressions, ses retours en arrière et ses révélations finales
  • La satire sans amertume : contrairement à certains humoristes politiques, Fellag ne cède jamais au cynisme pur ; ses cibles sont humaines avant d’être politiques
  • L’autodérision de l’exilé : sa propre condition d’immigré, de Kabyle en France, de Français en Algérie, nourrit un registre personnel d’une grande richesse
  • Le rire comme résistance : dans ses spectacles algériens des années 1980-1990, l’humour est explicitement un acte politique de survie culturelle

Les Spectacles et Œuvres Cultes de Fellag

Spectacles One-Man Show

Les Aventures de Tchop (1986, Alger) — Premier spectacle de Fellag, créé au Théâtre national algérien. Mêlant kabyle, arabe et français, il est le premier à s’attaquer en public aux tabous du pouvoir algérien.

Cocktail Khorotov (1989) et SOS Labès (1990) — Ces deux spectacles en dialecte algérien confirment l’ascension de Fellag comme voix de référence de la satire sociale algérienne.

Babor Australia / Un Bateau pour l’Australie (1991-2002) — Ce spectacle fondateur, d’abord créé en kabyle en 1991, devient l’œuvre la plus emblématique de Fellag. Il est basé sur une rumeur réelle qui avait circulé à Alger : l’arrivée prochaine d’un bateau australien pour emmener des chômeurs algériens trouver emploi et logement. Actualisé et joué en tournée jusqu’en 2002, il a fait l’objet d’un DVD officiel.

Djurdjurassique Bled (1997, Paris) — Premier spectacle intégralement en français, créé en décembre 1997. Le spectacle raconte en différentes étapes l’histoire de l’Algérie, ses angoisses, ses folies et l’humanité de son peuple. Il lui vaut le Prix du Syndicat de la critique 1997-1998, révélation théâtrale de l’année.

Le Dernier Chameau (2004, MC93 Bobigny) — Mis en scène par Patrick Sommier, hommage au cinéma de son enfance à Tizi Ouzou. A fait l’objet d’un DVD en 2005.

Tous les Algériens sont des mécaniciens (2008, Nuits de Fourvière, Lyon) — Mise en scène de Marianne Épin et l’auteur. Satire des stéréotypes sur les Algériens en France.

Petits Chocs des civilisations (2011-2014) — Mis en scène par Marianne Épin, ce spectacle vaut à Fellag une nomination au Molière du seul en scène en 2014.

Bled Runner (2016, Théâtre du Rond-Point, Paris) — Best-of de carrière, créé en 2016 au Théâtre du Rond-Point et mis en scène par Marianne Épin. Ce florilège des scènes les plus marquantes de ses spectacles précédents a fait l’objet d’une longue tournée nationale.

Filmographie

Monsieur Lazhar (2011, réal. Philippe Falardeau) — Rôle principal (Bachir Lazhar), enseignant algérien immigrant au Québec qui prend en charge une classe après une tragédie. Ce rôle lui vaut le Prix Génie de la meilleure interprétation masculine 2012 au Canada. Sélectionné aux Oscars pour le Canada dans la catégorie meilleur film en langue étrangère.

L’Ennemi intime (2007, réal. Florent Emilio Siri) — Rôle dans ce drame sur la guerre d’Algérie.

Le Gone du Chaâba (1998, réal. Christophe Ruggia) — Adaptation du roman d’Azouz Begag.

Liberté, la nuit (1983, réal. Philippe Garrel) et Ce que le jour doit à la nuit (réal. Alexandre Arcady) complètent une filmographie de plus d’une vingtaine de films.

Publications et Créations Écrites

Fellag est également un écrivain prolifique. Ses livres prolongent et approfondissent les thèmes de ses spectacles :

  • Rue des petites daurades (2001, JC Lattès) – Premier roman
  • C’est à Alger (2002, JC Lattès) – Récits sur la Casbah et la mémoire de la capitale
  • Comment réussir un bon petit couscous (2003, JC Lattès)
  • Le Dernier Chameau et autres histoires (2004, JC Lattès) – Nouvelles
  • L’Allumeur de rêves berbères (2007, JC Lattès) – Roman ancré dans l’imaginaire kabyle
  • Le Mécano du vendredi (2010, JC Lattès)
  • Un espoir, des espoirs (2014, JC Lattès)

Fellag en Coulisses : Personnalité et Méthode de Travail

Un artiste de la précision et de la patience

Les témoignages convergent vers un portrait d’artisan minutieux. Chaque spectacle est le fruit d’une longue gestation, d’allers-retours entre l’écriture, la lecture à voix haute et le travail scénique. Il ne sacrifie jamais la densité du texte à l’effet immédiat.

Une relation profonde avec Marianne Épin

Fellag a vécu avec la comédienne Marianne Épin, qui a mis en scène plusieurs de ses derniers spectacles (Tous les Algériens sont des mécaniciens, Petits Chocs des civilisations, Bled Runner). Marianne Épin est décédée le 9 décembre 2017, laissant Fellag endeuillé et beaucoup de spectateurs orphelins de ce duo artistique discret mais essentiel.

La langue comme instrument politique

Fellag a souvent expliqué pourquoi il écrit en français alors qu’il est algérien de langue kabyle. Pour lui, la langue de Molière n’est pas une capitulation devant l’héritage colonial, mais une arme : « La langue française, je l’aime parce qu’elle n’est pas à moi. » Cette distance lui permet un regard critique impossible dans les langues qui sont les siennes par naissance.

Un témoin, pas un militant

Contrairement à ce qu’on pourrait attendre d’un artiste portant des sujets aussi chargés politiquement, Fellag se définit davantage comme un témoin que comme un militant. Il raconte, il donne à voir, il fait rire — et c’est au spectateur de tirer les conclusions.

L’Héritage de Fellag

Influence sur les Nouvelles Générations

Fellag a ouvert une voie que peu avaient empruntée avant lui : celle de l’humour en plusieurs langues sur une scène française, sans que la multiplicité linguistique soit présentée comme une curiosité exotique, mais comme une richesse artistique à part entière. Sa capacité à traverser les frontières entre le spectacle vivant, le cinéma et la littérature a montré qu’un humoriste pouvait revendiquer une identité d’artiste complet.

Place dans le Patrimoine Culturel

La critique est unanime sur l’importance de Fellag dans l’histoire culturelle franco-algérienne. Fabienne Darge, dans Le Monde, a salué son humour plein de poésie, de sens de l’absurde et de tendresse. Michèle Bourcet, dans Télérama, a souligné que Fellag porte un regard à la fois incisif et plein d’humanité sur ses concitoyens et sur les Français. Dans le contexte algérien, Fellag représente quelque chose de plus profond encore : il est l’un des rares artistes à avoir tenu pendant les années noires de la guerre civile, portant une parole culturelle plurielle à un moment où les intellectuels algériens étaient assassinés pour leurs idées.

Questions Fréquentes

Où est né Mohamed Fellag ?

Fellag est né le 31 mars 1950 à Azeffoun (anciennement Port-Gueydon), en Kabylie, en Algérie.

Quand Fellag a-t-il commencé sa carrière ?

Sa formation débute en 1968 à l’Institut national d’art dramatique d’Alger. Son premier one-man-show, Les Aventures de Tchop, est créé en 1986.

Quels sont les spectacles les plus connus de Mohamed Fellag ?

Ses spectacles les plus célébrés sont Djurdjurassique Bled (1997), Un Bateau pour l’Australie (1991-2002), Tous les Algériens sont des mécaniciens (2008) et Bled Runner (2016).

Quels prix Fellag a-t-il remportés ?

Il a reçu le Prix du Syndicat de la critique (1997-1998), le Prix Raymond Devos (2003), le Prix de la SACD de la Francophonie (2003), le Prix de l’Humour noir (2003) et le Prix Génie canadien pour Monsieur Lazhar (2012). Il a également été nommé au Molière du seul en scène en 2014.

Mohamed Fellag est-il également écrivain ?

Oui. Il est l’auteur d’une dizaine de livres, dont Rue des petites daurades (2001), C’est à Alger (2002) et L’Allumeur de rêves berbères (2007).

Fellag a-t-il joué au cinéma ?

Oui, dans plus d’une vingtaine de films. Son rôle le plus célèbre est celui de Bachir Lazhar dans Monsieur Lazhar (2011), pour lequel il a remporté le Prix Génie de la meilleure interprétation masculine au Canada.

Qui a influencé Mohamed Fellag ?

Sa formation à l’Institut national d’art dramatique d’Alger, la tradition des conteurs berbères (les imdyazen), Eduardo De Filippo (dont il a joué L’Art de la comédie) et la grande tradition du théâtre populaire algérien des années 1970.

Références et Sources

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