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Sommaire

Constance : Humoriste Française, de la Princesse Trash à l’Inconstance Bipolaire

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Constance Pittard est une humoriste et comédienne française née le 3 août 1985 à Vieux-Moulin dans l’Oise, connue sous le mononyme Constance. Révélée au grand public par l’émission On n’demande qu’à en rire entre 2010 et 2012, elle s’impose comme l’une des voix les plus singulières de l’humour français contemporain avec son univers trash, ses personnages névrosés et son humour noir sans concession.

Qui est Constance ? Humoriste française née en 1985, Constance se distingue par un style mêlant humour noir, personnages féminins corrosifs et confession intime. Révélée par On n’demande qu’à en rire avec 51 passages mémorables, elle connaît une ascension fulgurante dans les années 2010 avant de traverser une période de burn-out et de révéler sa bipolarité dans son spectacle Inconstance (2024). Son impact sur la scène humoristique française se mesure tant par son audace créative que par son engagement pour la déstigmatisation des troubles mentaux.

Mais comment cette jeune Picarde au minois angélique a-t-elle réussi à imposer un humour aussi acide et libéré dans le paysage comique français ? Quel parcours se cache derrière ces personnages de mères de famille toxiques, de princesses trash et de religieuses déjantées ? Et comment cette artiste au sommet de sa carrière a-t-elle transformé son effondrement personnel en un spectacle bouleversant qui redéfinit les codes de l’humour confessionnel ? Plongée dans l’univers incandescent de Constance, là où le rire côtoie le gouffre.

Chronologie Marquante de Constance

  • 1985 – Naissance le 3 août à Vieux-Moulin (Oise), village de la forêt de Compiègne
  • 1995-2003 – Huit années dans des troupes de théâtre amateur en Picardie
  • 2003 – Entrée au Conservatoire d’art dramatique de Lille
  • 2007 – Premier spectacle solo Je suis une princesse, bordel ! mis en scène par William Pasquiet
  • 2010 – Révélation télévisuelle avec On n’demande qu’à en rire sur France 2 (sketch « Une nouvelle princesse arrive chez Disney »)
  • 2011 – Devient pensionnaire d’ONDAR, 51 passages jusqu’en mars 2012
  • 2012-2014Les mères de famille se cachent pour mourir (co-écrit avec Jérémy Ferrari)
  • 2017-2021 – Chroniqueuse régulière dans Par Jupiter ! sur France Inter
  • 2021 – Double burn-out et diagnostic de bipolarité
  • 2024-2026 – Tournée du spectacle Inconstance, témoignage sur la santé mentale
  • 2025 – Première apparition comme sociétaire aux Grosses Têtes sur RTL (24 mars)

Les Origines de Constance : Enfance et Premiers Pas dans l’Humour

Constance Pittard naît le 3 août 1985 à Vieux-Moulin, village niché dans la forêt de Compiègne, proche de Cuise-la-Motte. Loin de l’agitation parisienne, cette enfance picarde forge une personnalité marquée par l’humour familial caustique. Son arrière-grand-père, médecin légiste qu’elle décrit comme « la rock-star des légistes », lui transmet très tôt une approche décomplexée de la mort. Cette figure paternelle singulière lui apprend à « rire de tout ce dont il ne fallait pas rire », posant les fondations d’un humour noir qui deviendra sa signature.

La grand-mère de Constance joue également un rôle déterminant dans la construction de son univers comique. L’humoriste la décrit comme une femme « horrible » qui « disait des trucs épouvantables » et pouvait « briser les gens en deux phrases ». Cette aïeule, diagnostiquée maniaco-dépressive à une époque où le terme de bipolarité n’existait pas encore dans le vocabulaire médiatique, se donnera la mort quelques années avant que Constance ne reçoive elle-même ce diagnostic. De manière générale, Constance grandit dans une famille où l’humour caustique constitue un véritable sport collectif, une arme de résilience face aux aspérités de l’existence.

Dès l’âge de huit ans environ, Constance découvre le théâtre. Pendant près de huit années, elle fait ses armes dans diverses troupes amateurs de Picardie, développant sa passion pour l’incarnation de personnages. Ces années de formation sur les petites scènes régionales lui enseignent l’économie de moyens : « avec une chaise et trois bouts de tissu, on peut quand même raconter une histoire », confiera-t-elle plus tard. En 2003, forte de cette expérience, elle intègre le Conservatoire d’art dramatique de Lille, se destinant alors au théâtre classique.

Le parcours académique de Constance connaît toutefois un tournant inattendu. Elle n’intègre pas le Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique de Paris et se tourne vers l’École du One Man Show à Paris, dirigée par William Pasquiet. Ce choix audacieux marque sa conversion définitive vers l’humour et les formes courtes, là où son écriture ciselée et ses personnages névrosés trouveront leur écrin idéal.

Le Style Unique de Constance : Analyse et Évolution

La Révélation : Comment Constance a Conquis le Public

Le 2 décembre 2010, Constance fait son entrée fracassante dans l’émission On n’demande qu’à en rire sur France 2. Son sketch « Une nouvelle princesse arrive chez Disney » détonne immédiatement dans le paysage télévisuel. Face caméra, elle incarne une princesse de conte de fées réinventée façon trash, brisant avec jubilation les codes des personnages féminins lisses et convenus. Le décalage entre son visage poupin, presque angélique, et la violence verbale de son texte crée un effet comique dévastateur.

Initialement réticente à participer à l’émission en raison de son format télé-crochet, Constance se laisse finalement convaincre. Cette décision s’avère être le tremplin de sa carrière. Elle devient pensionnaire de l’émission le 1er mars 2011 et y effectue 51 passages mémorables. Son record personnel ? 95 points sur 100 avec son sketch « Le boom des robots aspirateurs » lors de son 21ème passage. Lors de son 24ème passage, elle obtient 19/20 de la part des téléspectateurs. Catherine Barma lui avait promis un poney si elle obtenait plus de 18/20. Jérémy Ferrari, déguisé en prince, le lui apporta effectivement sur le plateau de l’émission du 19 mai 2011, créant un moment devenu culte.

Constance quitte volontairement l’émission le 28 mars 2012, refusant de participer au repêchage après avoir obtenu seulement 58 points lors de son dernier passage le 23 mars. Sur la radio Le Mouv’, elle explique que « ce qu’elle a envie de défendre n’est plus en phase avec l’ambiance générale de l’émission », affirmant ainsi son intégrité artistique face aux contraintes du format télévisuel.

Techniques et Signature Artistique

Constance pratique l’art du sketch à l’ancienne, avec costumes et personnages incarnés, se démarquant ainsi du stand-up conversationnel qui domine alors la scène humoristique française. « Je préfère faire moins d’œufs mais qu’ils soient meilleurs », déclare-t-elle en référence à sa démarche théâtrale. Cette approche exigeante lui permet de créer une véritable galerie de portraits féminins corrosifs : la mère de famille culpabilisante, la religieuse pas très catholique, la bibliothécaire névrosée.

Son humour se caractérise par plusieurs éléments distinctifs. Tout d’abord, un maniement virtuose du langage cru sans tomber dans la vulgarité gratuite. Constance affirme : « Les mots ne sont pas sales, ce sont les esprits qui sont mal tournés ». Deuxièmement, elle excelle dans le décalage entre l’apparence angélique et le fond trash, technique qu’elle maîtrise avec une finesse redoutable. Troisièmement, son écriture mêle précision littéraire et oralité populaire, créant un style unique dans le paysage humoristique français.

L’évolution de Constance s’observe à travers ses spectacles successifs. Si Je suis une princesse, bordel ! (2007-2011) explore l’autodérision princière, Les mères de famille se cachent pour mourir (2012-2014), co-écrit avec Jérémy Ferrari, dissèque la maternité cauchemardesque. Partouze sentimentale (2015) interroge la gestion des émotions à travers des personnages d’une humanité folle. Pot-pourri (2018-2021) constitue une synthèse de son meilleur matériel. Enfin, Inconstance (2024-2026) marque un tournant radical : Constance abandonne partiellement le bouclier des personnages pour se livrer frontalement, transformant son témoignage psychiatrique en spectacle humaniste.

Caractéristiques stylistiques de Constance :

  • Personnages féminins névrosés et corrosifs
  • Humour noir assumé, héritage familial
  • Décalage entre apparence angélique et propos trash
  • Maîtrise de l’incarnation théâtrale (costumes, voix, postures)
  • Écriture ciselée mêlant crudité et poésie
  • Engagement féministe sous-jacent
  • Évolution vers l’humour confessionnel et testimonial
  • Absence de filtre sur les tabous sociaux

Constance se positionne comme une héritière singulière de l’humour noir français, citant Nina Hagen comme influence musicale et culturelle. Son travail s’inscrit dans une filiation avec les humoristes qui osent aborder frontalement les zones d’ombre de l’existence, tout en renouvelant les codes par une approche féminine libérée et politiquement incorrecte.

Les Spectacles et Œuvres Cultes de Constance

Spectacles One-Woman Show

Je suis une princesse, bordel ! (2007-2011) constitue le premier spectacle solo de Constance, mis en scène par William Pasquiet. Pendant quatre ans, elle arpente les cafés-théâtre parisiens, notamment Le Théâtre Le Bout (deux ans d’affiche) et la Comédie de Paris (six mois). Le spectacle déconstruit les archétypes des princesses Disney à coups de répliques trash et d’autodérision féroce. Constance y explore déjà ses névroses personnelles sous couvert de personnages loufoques. Ce rodage intensif dans les petites salles forge sa technique et son endurance scénique, accumulant plusieurs centaines de représentations devant des publics variés.

Les mères de famille se cachent pour mourir (2012-2014), co-écrit avec Jérémy Ferrari, marque une étape importante dans la carrière de Constance. Joué pendant 13 mois à la Comédie de Paris avant une tournée francophone, ce spectacle explore la maternité sous un angle cauchemardesque et hilarant. Les mères de famille y sont dépeintes comme des créatures toxiques, culpabilisantes et potentiellement dangereuses pour l’équilibre mental de leurs enfants. La collaboration avec Ferrari, déjà complice sur On n’demande qu’à en rire, apporte une noirceur supplémentaire au propos.

Partouze sentimentale (2015) constitue le troisième opus de Constance. Si les sentiments étaient des personnes, comment seraient-elles ? La réponse de Constance : elles habiteraient un HLM, chacune à un étage différent. En 70 minutes de voyage en ascenseur métaphorique, le public rencontre l’Ambition psychopathe, la Joie schizophrène, la Dévotion nymphomane, l’Amour serial-killer et la Tristesse, cette « pétasse ». Mise en scène par Patrick Chanfray, cette œuvre romantico-trash confirme le positionnement de Constance comme l’une des humoristes les plus audacieuses de sa génération. La presse salue sa capacité à « jouer les pires monstres avec angélisme ».

Gerbes d’amour (2016-2017) – Spectacle en duo avec Marie Reno, présenté au Festival d’Avignon 2016, au Théâtre de Dix heures à Paris d’octobre à fin décembre 2016, puis en tournée francophone à partir de janvier 2017.

Pot-pourri (2018-2021) se présente comme « une sorte de hachis Parmentier avec des vrais morceaux de Constance à l’intérieur ». Ce spectacle-compilation rassemble les meilleurs sketches de ses précédents shows mêlés à de nouveaux personnages. Autoproduite, Constance y affirme son indépendance économique mais se retrouve fragilisée pendant la pandémie de Covid-19. Elle confie alors : « Je tiens, mais c’est très fragile. Le bon mot, pour parler de la réouverture des salles, c’est vital ». Les représentations sont brutalement interrompues fin 2021 par son double burn-out.

Inconstance (2024-2026) marque un tournant radical dans la carrière de Constance. Ce sixième spectacle de 70 minutes n’est plus un simple enchaînement de sketches : c’est un témoignage bouleversant sur son parcours psychiatrique. Texte co-écrit avec Pascal Duclermortier, mise en scène d’Éric Chantelauze, le spectacle commence symboliquement par un trou noir et un rideau qui se ferme au bout de deux minutes. Constance y raconte son effondrement sur scène, ses deux burn-out, ses hospitalisations psychiatriques, son diagnostic de bipolarité, ses quatre tentatives de suicide dont une qui l’a plongée deux jours dans le coma. Elle y incarne les soignants épuisés, les psychiatres alcoolisés, les autres patients, tout en restant elle-même le fil rouge. Les critiques sont unanimes : « Un récit plus mordant que larmoyant, non pas égocentrique mais humaniste, et d’une drôlerie terriblement émouvante » (Le Monde), « On en ressort comme elle, grandie, avec une immense soif de vivre » (Télérama TTTT). La tournée se poursuit en 2026 dans toute la France et en Belgique.

Émissions Télévisées et Radiophoniques

On n’demande qu’à en rire (France 2, 2010-2012) reste l’émission qui révèle Constance au grand public. Ses 51 passages constituent un record d’efficacité comique. Parmi ses sketches cultes : « Une nouvelle princesse arrive chez Disney » (passage inaugural), « J’élève seul mon renard », « Le boom des robots aspirateurs » (21ème passage, 95 points, son record personnel). La complicité avec Jérémy Ferrari, qui co-écrit certains de ses numéros, devient l’un des marqueurs de l’émission.

Par Jupiter ! (France Inter, 2017-2021) accueille Constance comme chroniqueuse régulière dans l’émission de Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek. Elle y déploie un humour plus littéraire et engagé. Sa chronique du 28 août 2018, « Parlons balcon, parlons nichons », fait scandale : Constance y dénonce les puritains moralisateurs qui s’offusquent de l’allaitement dans l’espace public et termine son intervention seins nus pour illustrer son propos. La séquence est vue des millions de fois et lui vaut un déferlement d’insultes sur les réseaux sociaux, qu’elle choisit de publier pour dénoncer le harcèlement. Une autre chronique, le 7 avril 2020, sur France Inter provoque également une polémique lorsqu’elle déclare au sujet du génocide des Tutsi au Rwanda : « Oreillers ou machettes, ça se joue des fois à peu de mots ». Face aux réactions légitimes, notamment de l’avocat Richard Gisagara, elle présente rapidement des excuses publiques.

Constance ou la gueule de l’emploi (Téva, 2014) est un programme court humoristique de 50 capsules écrites et tournées avec Davy Mourier. Constance y explore l’absurdité du monde du travail à travers des saynètes corrosives.

On est en direct (France 2, 2021) – À partir du 6 février 2021, Constance intervient dans cette émission avec la rubrique « Les Petites Phrases de Constance ».

Les Grosses Têtes (RTL, 2025-2026) – Le 24 mars 2025, Constance fait sa première apparition comme sociétaire dans l’émission animée par Laurent Ruquier sur RTL. Elle y intervient régulièrement depuis lors.

Filmographie et Apparitions

Cinéma :

  • 2010 : Sérieuses Références demandées de Jérôme de Gerlache : Constance Prune
  • 2014 : Repas de famille de Pierre-Henry Salfati : Brigitte
  • Les Municipaux (Chevaliers du Fiel)

Télévision :

  • 2008 : Hero Corp (série télévisée, épisodes « Retrouvailles » et « Instructions ») : Eshita
  • 2012 : Golden Moustache (web-série)
  • 2012 : Le Golden Show (émission de télévision) : divers rôles
  • 2015 : Reboot (série télévisée, 6 épisodes) : Virginia

Documentaires : À partir de 2011, Constance intègre l’équipe des documentaires de Pascal Forneri consacrés à la chanson française pour France 3. Elle y joue, dans des reconstitutions muettes, le rôle d’une jeune femme anonyme des années 1960 dans SLC Salut les copains, puis du XXIe siècle dans Ces chansons qui nous ressemblent.

Les Répliques Cultes de Constance

  • « Je suis une princesse, bordel ! » – Titre-manifeste de son premier spectacle
  • « Les mères de famille se cachent pour mourir » – Phrase-choc sur la maternité toxique
  • « Les mots ne sont pas sales, ce sont les esprits qui sont mal tournés » – Défense de son humour cru
  • « J’ai longtemps cru que j’étais invincible. Jusqu’à ce que je me prenne les pieds dans mes émotions et dans ma vie » – Ouverture d’Inconstance
  • « Même dans la mort, j’étais nulle » – Ironie sur ses tentatives de suicide ratées (Quotidien)
  • « Ce qu’elle a envie de défendre n’est plus en phase avec l’ambiance générale de l’émission » – Explication de son départ d’ONDAR
  • « C’est pas parce que c’est la merde qu’il faut faire n’importe quoi ! » – Philosophie de travail pendant le Covid
  • « Je suis bipolaire depuis que j’ai été diagnostiquée, en fait je l’ai toujours été » – Acceptation de son diagnostic
  • « On a toujours ri de tout ce dont il ne fallait pas rire » – Héritage familial
  • « Il était la rock-star des médecins légistes ! » – À propos de son arrière-grand-père
  • « Elle était horrible, elle disait des trucs épouvantables » – Description de sa grand-mère
  • « Avec une chaise et trois bouts de tissu on peut quand même raconter une histoire » – Philosophie du théâtre économe
  • « Je préfère faire moins d’œufs mais qu’ils soient meilleurs » – Métaphore de son exigence artistique
  • « Il n’y a plus rien qui répond chez toi. Tu as l’impression d’être une grosse merde » – Description de la dépression
  • « Quand on peut jouer dans une boîte à chaussures, on peut jouer partout ! » – Leçon des cafés-théâtre

Constance en Coulisses : Personnalité et Méthode de Travail

Derrière l’armure des personnages trash se cache une travailleuse acharnée, perfectionniste jusqu’à l’épuisement. Constance autoproduit plusieurs de ses spectacles, créant sa propre structure pour maintenir son indépendance artistique. Cette démarche entrepreneuriale lui confère une liberté créative totale mais la prive de filets de sécurité : « Je ne suis pas intermittente, je n’ai pas de filets de sécurité comme le chômage partiel », explique-t-elle pendant la pandémie. Cette précarité choisie participe à son épuisement professionnel de 2021.

Son processus créatif repose sur une écriture minutieuse, ciselée, où chaque mot compte. Contrairement aux humoristes qui privilégient l’improvisation, Constance construit ses sketches comme des pièces de théâtre miniatures, avec une architecture narrative précise. Elle collabore régulièrement avec des co-auteurs de confiance : Jérémy Ferrari pour Les mères de famille se cachent pour mourir, Pascal Duclermortier pour Inconstance. Ces partenariats lui permettent d’affiner son propos et de bénéficier de regards extérieurs sur son matériel.

La méthode de travail de Constance s’inscrit dans la tradition des cafés-théâtre, où le rodage intensif devant le public permet d’affûter chaque réplique. Elle a effectué des centaines de représentations dans des salles modestes avant d’accéder aux grandes scènes parisiennes. Cette école de la scène lui a enseigné l’économie de moyens et la connexion directe avec le public. Sa tante lui confectionnait même ses premiers costumes, détail touchant qui témoigne d’une carrière construite pas à pas, sans piston ni réseau.

Sur le plan personnel, Constance entretient une grande discrétion sur sa vie privée. Les rares informations disponibles concernent essentiellement ses combats de santé mentale, qu’elle a choisi de rendre publics pour déstigmatiser les troubles bipolaires. Elle évoque parfois sa passion pour les animaux : elle est marraine de l’Association Beagles en Nord. Son engagement pour la protection animale révèle une sensibilité cohérente avec son humour empathique malgré son apparence corrosive.

Constance décrit elle-même sa personnalité comme « nerveuse » et « anxieuse », traits qu’elle reconnaît comme caractéristiques de nombreux artistes. Son diagnostic de bipolarité, posé en 2021, éclaire rétrospectivement certains aspects de sa personnalité : l’énergie créatrice débordante suivie de phases d’effondrement. Depuis 2023, stabilisée par un traitement médicamenteux, elle témoigne : « J’ai un traitement maintenant depuis deux ans et je vis absolument normalement ».

Sa philosophie artistique tient en une phrase : « J’adore être sur scène, ça me permet de dire tout ce qui me passe par la tête ». Pour Constance, la scène constitue un espace de liberté absolue où exprimer sans filtre les vérités dérangeantes que la société préfère taire. Cette conception libératrice de l’humour explique son refus des concessions et son besoin d’intégrité artistique, quitte à sacrifier des opportunités professionnelles.

L’Héritage de Constance : Impact sur l’Humour Français

Influence sur les Nouvelles Générations

Constance appartient à cette génération d’humoristes femmes qui ont brisé le plafond de verre de l’humour trash en France. Aux côtés de Blanche Gardin, Nora Hamzawi ou Laura Laune, elle participe au renouvellement du paysage comique français en prouvant que les femmes peuvent manier l’humour noir, cru et politiquement incorrect avec autant de maîtrise que leurs homologues masculins. Son influence se mesure particulièrement dans la libération de la parole féminine sur scène, sans pudeur ni censure.

Son parcours inspire de nombreuses humoristes émergentes qui voient en elle un modèle d’indépendance et d’authenticité. En choisissant l’autoproduction et en refusant de se plier aux formats télévisuels contraignants, Constance démontre qu’une carrière durable peut se construire en dehors des circuits institutionnels. Son départ volontaire d’On n’demande qu’à en rire au sommet de sa popularité reste un geste artistique fort, souvent cité comme exemple de cohérence.

Plus récemment, avec Inconstance, Constance ouvre un nouveau territoire : celui de l’humour comme outil thérapeutique et de témoignage sur la santé mentale. En 2024, elle devient la première humoriste française à transformer son parcours psychiatrique en spectacle comique, créant un précédent pour les artistes confrontés aux troubles mentaux. Cette démarche pionnière contribue à normaliser le dialogue sur la bipolarité, la dépression et les hospitalisations psychiatriques.

Place dans le Patrimoine Culturel

Constance occupe une place singulière dans le patrimoine de l’humour français contemporain. Si elle ne bénéficie pas encore de la reconnaissance institutionnelle d’un Pierre Desproges ou d’une Anne Roumanoff, son œuvre marque indéniablement les années 2010-2020. Sa capacité à mêler virtuosité théâtrale, écriture littéraire et humour populaire en fait une artiste complète, difficile à classer dans une seule catégorie.

Son travail sur les personnages féminins névrosés enrichit la galerie des types comiques français. La mère de famille toxique ou la religieuse déjantée constituent des créations mémorables qui survivront à leur époque. Ces archétypes renouvelés résonnent avec les névroses contemporaines et la libération progressive de la parole féminine sur les injonctions sociales.

L’évolution de Constance reflète également une transformation plus large de l’humour français. Son passage du personnage-bouclier à la confession frontale dans Inconstance illustre une tendance générationnelle : le public contemporain valorise l’authenticité et la vulnérabilité sur scène. En ce sens, Constance participe à redéfinir les codes du spectacle humoristique, intégrant des dimensions thérapeutiques et militantes sans sacrifier l’exigence comique.

D’un point de vue sociologique, le parcours de Constance documente les transformations de la condition d’artiste en France. Son témoignage sur le burn-out, la précarité de l’autoproduction, et l’impact de la pandémie sur les arts vivants constitue une archive précieuse pour comprendre les fragilités du secteur culturel au XXIe siècle. Son combat pour la déstigmatisation des troubles mentaux participe également à un mouvement plus large de reconnaissance de la santé psychologique comme enjeu de société.

Questions Fréquentes sur Constance

Où est née Constance ?

Constance est née le 3 août 1985 à Vieux-Moulin dans l’Oise, un village situé dans la forêt de Compiègne, proche de Cuise-la-Motte. Elle a grandi en Picardie avant de monter à Paris pour sa carrière artistique.

Quand Constance a-t-elle commencé sa carrière ?

Constance débute dans le théâtre amateur dès l’âge de huit ans environ. Elle intègre le Conservatoire de Lille en 2003 et crée son premier spectacle solo Je suis une princesse, bordel ! en 2007. Sa révélation médiatique intervient en 2010 avec On n’demande qu’à en rire.

Quels sont les spectacles les plus connus de Constance ?

Ses spectacles les plus emblématiques sont Je suis une princesse, bordel ! (2007-2011), Les mères de famille se cachent pour mourir (2012-2014) co-écrit avec Jérémy Ferrari, Partouze sentimentale (2015) et Inconstance (2024-2026), son témoignage bouleversant sur la bipolarité.

Comment Constance a-t-elle marqué l’humour français ?

Constance s’impose comme l’une des voix féminines les plus audacieuses de sa génération, brisant les tabous sur l’humour trash pratiqué par les femmes. Son évolution vers l’humour confessionnel avec Inconstance ouvre également un nouveau territoire : utiliser le rire pour déstigmatiser les troubles mentaux.

Quel est le style d’humour de Constance ?

Constance pratique un humour noir, trash et sans concession, mêlant sketches incarnés avec costumes et personnages féminins névrosés. Son style repose sur le décalage entre son apparence angélique et ses propos corrosifs, ainsi que sur une écriture ciselée mêlant crudité et précision littéraire.

Constance a-t-elle remporté des prix ?

Bien qu’aucun prix majeur institutionnel ne soit documenté, Constance a obtenu 95 points sur 100 lors de son 21ème passage à On n’demande qu’à en rire, son record personnel. Elle bénéficie surtout d’une reconnaissance critique unanime pour Inconstance (TTTT Télérama).

Où peut-on voir les spectacles de Constance ?

En 2025-2026, Constance est en tournée avec Inconstance dans toute la France et en Belgique. Son spectacle passe notamment au Théâtre des Mathurins à Paris, à l’Espace Carpeaux à Courbevoie, et dans de nombreux théâtres régionaux. Informations sur constance-officiel.fr.

Qui a influencé Constance ?

Constance cite son arrière-grand-père médecin légiste et sa grand-mère au caractère trempé comme influences familiales majeures. Musicalement, elle évoque Nina Hagen comme figure inspirante. Professionnellement, elle collabore étroitement avec Jérémy Ferrari et William Pasquiet (metteur en scène de son premier spectacle).

Que signifie la bipolarité de Constance ?

Diagnostiquée bipolaire en 2021 après deux burn-out et plusieurs hospitalisations psychiatriques, Constance souffre de ce trouble caractérisé par l’alternance de phases maniaques et dépressives. Elle a fait quatre tentatives de suicide avant d’être stabilisée par un traitement médicamenteux. Son spectacle Inconstance témoigne de ce parcours.

Constance est-elle toujours chroniqueuse sur France Inter ?

Constance a été chroniqueuse régulière dans Par Jupiter ! entre 2017 et 2021. Depuis son burn-out de 2021 et son diagnostic de bipolarité, elle se concentre sur la tournée d’Inconstance. En 2025, elle est devenue sociétaire des Grosses Têtes sur RTL.

Combien de passages Constance a-t-elle fait dans On n’demande qu’à en rire ?

Constance a effectué exactement 51 passages dans On n’demande qu’à en rire entre décembre 2010 et mars 2012. Elle est devenue pensionnaire de l’émission le 1er mars 2011 et a quitté volontairement l’émission le 28 mars 2012.

Constance : Un Pilier de l’Humour Français

Constance incarne cette génération d’humoristes qui ont redéfini les codes de la comédie française au tournant des années 2010. Son parcours illustre autant l’ascension fulgurante d’une artiste singulière que les fragilités inhérentes au métier de l’humour. En deux décennies, elle aura imposé un style sans concession, créé une galerie de personnages inoubliables, et bouleversé les conventions de l’humour confessionnel.

De la princesse trash de ses débuts aux témoignages poignants sur la bipolarité, Constance n’a cessé de repousser les limites de son art. Son courage à transformer son effondrement personnel en spectacle humaniste fait d’elle plus qu’une humoriste : une militante de la santé mentale, une voix pour tous ceux qui luttent dans l’ombre. Son héritage se mesure moins en prix et consécrations qu’en impact émotionnel et libération de la parole.

Aujourd’hui stabilisée, Constance poursuit sa tournée d’Inconstance, offrant à chaque représentation un message d’espoir : la chute n’est pas une fin, le rire demeure une arme de reconstruction. Les framboises ont de nouveau du goût. Pour découvrir d’autres parcours d’humoristes français qui ont marqué leur époque, explorez les biographies d’HUMORIX, encyclopédie de référence de l’humour francophone.

Références et Sources

Sources Principales

  1. Wikipedia FR – Constance (comédienne) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Constance_(comédienne)
  2. TPA (Tous Pour l’Artiste) – Biographie Constance : https://tpa.fr/acteurs-theatre/constance-5479.html
  3. Wiki ONDAR – Fiche Constance : https://ondaronndemandequaenrire.fandom.com/fr/wiki/Constance
  4. Gambin.co – Parcours de Constance Pittard : https://gambin.co/blog/constance-pittard-enfants/
  5. Site officiel de Constance : https://www.constance-officiel.fr

Sources sur le spectacle Inconstance et la bipolarité

  1. Baz’art – InConstance : Constance plus vivante que jamais : https://www.baz-art.org/2024/11/inconstance-constance-plus-vivante-que-jamais-aux-confins-de-la-bipolarite-comedie-de-paris.html
  2. CCU Belgique – Interview de Constance : https://www.ccu.be/interview-de-constance/
  3. France Bleu Toulouse – Constance et la bipolarité : https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-de-17h30-ici-occitanie/constance-comment-l-humour-l-a-aidee-a-surmonter-la-bipolarite-6033974
  4. Coups d’Œil – InConstance, L’émouvante confession : https://coupsdoeil.fr/2025/11/inconstance-constance-critique/
  5. TheatreOnline – Constance Inconstance : https://www.theatreonline.com/Spectacle/Constance-Inconstance/91478

Sources sur sa carrière

  1. Agenda Culturel – Constance en spectacle 2026 : https://www.agendaculturel.fr/constance
  2. Alcuin Fonds – Constance Pittard parcours : https://alcuinfonds.be/blog/constance-pittard-enfants/
  3. Franceinfo – L’humoriste Constance publie des injures reçues (2018) : https://www.franceinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/l-humoriste-constance-publie-des-injures-recues-apres-sa-chronique-seins-nus-sur-france-inter_2922195.html
  4. Jaimeradio – La bouleversante Inconstance de Constance : https://www.jaimeradio.fr/2025/01/17/la-bouleversante-inconstance-de-constance/

Réseaux sociaux officiels

  1. Instagram officiel : https://www.instagram.com/constancepro/
  2. Twitter/X officiel : https://twitter.com/constancepro

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Louis Cattelat est un humoriste et scénariste français dont la trajectoire déjoue tous les clichés du milieu. Originaire de Montpellier
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