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Emmanuel Peterfalvi (Alfons) : L’Humoriste Français qui a Conquis l’Allemagne

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Emmanuel Peterfalvi est un humoriste franco-allemand devenu une véritable star en Allemagne sous le pseudonyme d’Alfons. Né le 17 mars 1967 à Paris, il incarne depuis plus de trois décennies un pont culturel unique entre la France et l’Allemagne, transformant les clichés nationaux en humour rassembleur. Avec son accent français volontairement exagéré et sa veste de jogging orange emblématique, Alfons s’est imposé comme l’un des humoristes francophones les plus populaires outre-Rhin.

Emmanuel Peterfalvi : Portrait d’un Pont Culturel Franco-Allemand

Emmanuel Peterfalvi représente un phénomène rare dans le paysage humoristique européen : un artiste français ayant bâti l’intégralité de sa carrière en Allemagne. Depuis 1991, il fait rire les Allemands en jouant sur les différences culturelles avec une finesse qui transcende les frontières. Son personnage d’Alfons, ce Français naïf et bavard au micro en peluche, interroge les passants avec des questions absurdes qui révèlent autant les travers allemands que français. Reconnu par la Croix fédérale du mérite en 2021 et naturalisé allemand en 2017, Peterfalvi a su transformer son regard d’étranger en force comique, prouvant que l’humour constitue l’un des meilleurs vecteurs de compréhension interculturelle.

Comment un jeune Parisien devient-il l’humoriste préféré des Allemands ? L’histoire d’Emmanuel Peterfalvi illustre parfaitement comment le hasard et le talent peuvent façonner un destin artistique inattendu. À travers cette biographie, nous explorerons le parcours singulier d’un homme qui a su faire de son statut d’étranger une signature artistique, transformant les incompréhensions culturelles en moments de rire partagé. De ses débuts télévisuels aux marchés de Hambourg jusqu’à ses spectacles actuels sur la mémoire et l’identité, découvrez l’itinéraire fascinant d’Alfons.

Chronologie Marquante d’Emmanuel Peterfalvi (Alfons)

  • 1967 – Naissance le 17 mars à Paris
  • 1991 – Arrivée à Hambourg dans le cadre d’un service civil (volontariat) pour Canal+ Allemagne
  • 1994 – Débuts télévisuels dans l’émission Kalkofes Mattscheibe sur Premiere
  • 1996 – Création de sa société de production FIT Productions (Fernsehen ist toll!)
  • 2006 – Lancement de l’émission Alfons und Gäste sur SWR Fernsehen et Das Erste
  • 2008 – Début de la chronique radio Gesellschaftsabend sur SR2 Kulturradio
  • 2009 – Début de Puschel TV sur ARD, qui deviendra culte avec ses micros-trottoirs
  • 2015 – Lancement de la chronique radio Bonjour Alfons sur SWR1
  • 2017 – Naturalisation allemande le 3 novembre, remise de l’acte par Olaf Scholz
  • 2021 – Réception de la Croix fédérale du mérite (Bundesverdienstkreuz)
  • 2020-2026 – Tournées des spectacles Jetzt noch Deutscherer et Wo kommen wir her?, interventions dans les lycées allemands

Les Origines d’Emmanuel Peterfalvi : Un Destin Inattendu

Emmanuel Peterfalvi naît le 17 mars 1967 à Paris. Son histoire familiale est marquée par la tragédie de la Shoah : sa grand-mère maternelle, Erica Grünfeld, née en Roumanie et déportée à Auschwitz, survivra au camp et marquera profondément l’enfance du futur humoriste. Cette femme de caractère, germanophone, transmettra à son petit-fils un lien particulier avec la langue allemande. Ce lourd héritage familial jouera un rôle central dans la vie et l’œuvre de Peterfalvi, notamment lors de sa décision controversée d’obtenir la nationalité allemande des décennies plus tard.

Rien ne prédestine le jeune Emmanuel à une carrière d’humoriste en Allemagne. Il choisit d’apprendre l’allemand comme première langue étrangère, principalement pour des raisons pragmatiques : communiquer avec sa grand-mère germanophone. Après avoir terminé ses études d’ingénieur, il se retrouve face à l’obligation du service militaire, perspective qui ne l’enchante guère. À l’époque, une alternative existe : le volontariat pour le service national à l’étranger, ancêtre du VIE, permettant d’effectuer un service civil dans une entreprise française implantée à l’étranger. La toute jeune chaîne Canal+ cherche alors du personnel pour sa filiale allemande Premiere, nouvellement créée à Hambourg.

En 1991, âgé de 24 ans, Emmanuel Peterfalvi débarque donc dans la ville hanséatique pour 18 mois. Il ne s’imagine pas alors qu’il n’en repartira jamais. Son allemand est catastrophique à son arrivée, mais l’environnement télévisuel l’oblige à progresser rapidement. Cette fibre médiatique, combinée à une expérience antérieure dans la télévision, lui permet de se rendre rapidement utile comme rédacteur dans le chaos d’une chaîne qui démarre.

Ce qui devait être une parenthèse de 18 mois se transforme en histoire d’amour avec l’Allemagne et les Allemands. Peterfalvi découvre un pays qui le fascine, une culture qui l’intrigue, et surtout un décalage culturel qui constitue un terreau comique inépuisable. Contrairement à beaucoup d’expatriés qui cherchent à s’assimiler complètement, il fait le pari inverse : cultiver son étrangeté, exacerber son accent, transformer son statut d’outsider en atout artistique. C’est de cette intuition que naîtra Alfons, le personnage qui le rendra célèbre.

Le Style Unique d’Emmanuel Peterfalvi (Alfons) : L’Art du Décalage Culturel

La Révélation : Quand l’Accent Devient un Atout

La carrière télévisuelle d’Emmanuel Peterfalvi débute véritablement en 1994 lorsqu’il rejoint l’équipe de Kalkofes Mattscheibe, une émission satirique diffusée sur la chaîne payante Premiere. C’est dans ce cadre qu’il commence à développer le personnage d’Alfons, ce Français au fort accent qui ne maîtrise pas tout à fait les codes allemands. Le succès n’est pas immédiat, mais Peterfalvi sent qu’il tient quelque chose d’unique : en refusant de gommer son identité française, en l’exagérant même, il crée un décalage comique qui fonctionne.

En 1996, fort de cette première expérience, il fonde sa propre société de production : FIT Productions, acronyme de Fernsehen ist toll! (« La télé, c’est super ! »), titre déjà ironique qui annonce son approche satirique des médias. Cette indépendance lui permet de développer son style et de proposer des formats originaux aux chaînes allemandes. Le véritable tournant arrive lorsqu’il conçoit le concept des micros-trottoirs absurdes qui feront sa renommée. L’idée est simple mais redoutable : déguisé en journaliste français maladroit, il interroge les passants allemands avec des questions volontairement absurdes qui révèlent les contradictions et les tabous de la société.

Techniques et Signature Artistique

Le génie d’Alfons repose sur plusieurs piliers comiques savamment orchestrés :

  • L’accent franchouillard exagéré : Peterfalvi maîtrise parfaitement l’allemand après plus de 30 ans sur place, mais il cultive volontairement un accent français à couper au couteau, jouant sur les difficultés de prononciation pour un effet comique garanti
  • Le costume iconique : Sa veste de jogging orange vif et son look volontairement négligé le rendent immédiatement identifiable, incarnant le cliché du Français « pas très soigné » aux yeux allemands
  • Le micro en peluche : Accessoire emblématique de ses interventions dans Puschel TV, ce micro fantaisiste souligne le décalage entre la forme journalistique et le fond absurde
  • Les questions impossibles : « Qu’est-ce qui est plus paresseux, un chômeur ou un étranger ? », « Les Allemands auraient-ils plus de plaisir à faire des enfants s’il fallait remplir un formulaire ? » – ces interrogations provocantes forcent les interviewés à dévoiler leurs préjugés tout en créant un malaise comique
  • L’air béat et innocent : Alfons pose ses questions terribles avec une naïveté feinte qui désarme ses interlocuteurs, lesquels répondent souvent sérieusement à des absurdités
  • Le jeu sur les clichés franco-allemands : Il exploite systématiquement les stéréotypes nationaux (le Français romantique contre l’Allemand rigoureux, le latin nonchalant face au germanique organisé) pour mieux les déconstruire

L’évolution de son humour s’est faite en plusieurs phases. Dans les années 1990-2000, Alfons se concentre sur la satire douce de la société allemande et des médias, avec un ton léger et absurde. Les années 2000-2010 voient son personnage gagner en profondeur, intégrant davantage de réflexions sur l’identité et l’intégration. À partir des années 2010, notamment après sa naturalisation en 2017, son travail prend une dimension plus personnelle et émouvante. Ses spectacles récents, comme Jetzt noch Deutscherer (« Encore plus allemand »), abordent des thèmes graves comme la Shoah, la mémoire familiale et la double appartenance culturelle, sans pour autant renoncer à l’humour.

Par la suite, Peterfalvi développe une approche unique de l’humour interculturel : plutôt que de se moquer d’un camp contre l’autre, il se positionne comme un observateur bienveillant qui rit avec Français et Allemands de leurs différences. Ainsi, lorsqu’il caricature la lourdeur bureaucratique allemande ou la décontraction française, il le fait sans méchanceté, avec une tendresse évidente pour ces deux cultures qu’il connaît intimement. Cette posture particulière explique largement son succès : les Allemands acceptent d’être taquinés par Alfons parce qu’ils sentent qu’il les aime sincèrement.

Les Spectacles et Émissions Cultes d’Emmanuel Peterfalvi (Alfons)

Émissions Télévisées

Kalkofes Mattscheibe (1994-1996, Premiere/ProSieben) – C’est dans cette émission satirique de télévision que Peterfalvi fait ses premières armes télévisuelles allemandes. Le format, qui parodie les programmes télé, lui permet d’affiner son personnage et de tester les réactions du public allemand face à son humour décalé.

Alfons und Gäste (2006-présent, SWR Fernsehen et Das Erste) – Cette émission devient le flagship show de Peterfalvi. Le concept est celui du talk-show classique, mais revisité par le prisme d’Alfons : les invités sont interrogés avec son mélange caractéristique de naïveté apparente et de questions qui vont droit au but. L’émission connaît un succès durable et s’impose comme un rendez-vous régulier du paysage audiovisuel allemand.

Puschel TV (2009-présent, ARD) – Sans doute le format le plus culte d’Alfons, Puschel TV présente ses fameux micros-trottoirs. Armé de son micro en peluche et de sa veste orange, il arpente les marchés allemands, principalement à Hambourg, pour poser des questions absurdes aux passants. Les séquences deviennent virales et accumulent des millions de vues, faisant d’Alfons une véritable star populaire.

Ein Fall fürs All (2014, ZDF) – Dans cette émission, Peterfalvi partage l’affiche avec Urban Priol, autre figure majeure de l’humour satirique allemand. Cette collaboration démontre sa reconnaissance par ses pairs et son intégration dans la scène comique germanique.

Deutschland lacht (2007) – Participation à cette émission humoristique qui contribue à élargir son audience au-delà du public fidèle de Puschel TV.

Spectacles Scéniques

Jetzt noch Deutscherer (« Encore plus allemand », années 2020-2026) – Ce spectacle marque un tournant artistique majeur pour Peterfalvi. Fini le simple divertissement : sur scène, Alfons livre un récit profondément personnel sur son histoire familiale marquée par la Shoah, sa naturalisation allemande et la complexité de son identité franco-allemande. Le spectacle alterne moments humoristiques et passages émouvants, créant une expérience scénique riche et nuancée. Il tourne dans toute l’Allemagne (Sarrebruck, Düsseldorf, Munich) avec des salles combles et des standing ovations. Le spectacle rencontre un écho particulier dans les lycées allemands, où Peterfalvi est régulièrement invité pour échanger avec les élèves sur la démocratie, la tolérance et l’antisémitisme.

Wo kommen wir her? Wo gehen wir hin? Und gibt es dort genug Parkplätze? (« D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Et y a-t-il assez de places de parking ? », 2023-présent) – Le titre à lui seul résume l’humour de Peterfalvi : partir de questions existentielles profondes pour aboutir à une préoccupation triviale typiquement allemande (les parkings). Ce spectacle continue d’explorer les thèmes de l’identité et des origines avec l’absurdité caractéristique d’Alfons. Joué notamment à Düsseldorf en septembre et décembre 2023, il confirme que Peterfalvi parvient à renouveler son approche tout en conservant sa signature comique.

Radio

Bonjour Alfons (SWR1, depuis 2015) – Cette chronique radiophonique hebdomadaire permet à Peterfalvi de garder un contact régulier avec son public. Le format radio, plus intime que la télévision, lui offre un espace pour développer des réflexions plus longues sur l’actualité franco-allemande.

Gesellschaftsabend (SR2 Kulturradio, depuis 2008) – Émission culturelle où Alfons intervient régulièrement, témoignant de la reconnaissance de son travail au-delà de la simple sphère humoristique.

Les Répliques et Moments Cultes d’Alfons

  • « Chère Maman, ici, quand on ne connaît pas la ville et qu’on ne parle pas allemand, on devient chauffeur de taxi. Mais moi, non ! » – Extrait de spectacle, parodiant les lettres de l’expatrié
  • « Qu’est-ce qui est plus paresseux, un chômeur ou un étranger ? » – Question de micro-trottoir Puschel TV, provocation révélant les préjugés sociaux
  • « Les Allemands auraient-ils plus de plaisir à faire des enfants s’il fallait remplir un formulaire ? » – Puschel TV, moquerie de la bureaucratie allemande
  • « Je suis tombé amoureux de l’Allemagne et des Allemands » – Explication récurrente de son installation à Hambourg, phrase devenue emblématique
  • « D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Et y a-t-il assez de places de parking ? » – Titre de spectacle incarnant son humour philosophico-absurde
  • « Mon grand-père et ma grand-mère ont été déportés. Comment puis-je devenir allemand ? » – Confidence émouvante lors d’un spectacle sur sa naturalisation
  • « En riant ensemble, on devient copains » – Sa philosophie de l’humour interculturel en une phrase

Emmanuel Peterfalvi en Coulisses : L’Homme Derrière Alfons

Derrière le personnage exubérant d’Alfons se cache un homme réfléchi et engagé. Emmanuel Peterfalvi vit à Hambourg depuis plus de 35 ans, ville qu’il ne quittera probablement jamais. Discret sur sa vie privée, on sait peu de choses sur sa situation familiale actuelle. Ce qui transparaît cependant, c’est un homme profondément attaché à ses deux pays et conscient de la chance que représente cette double appartenance.

La décision de prendre la nationalité allemande en 2017 a été l’un des moments les plus difficiles de sa vie. Lorsque Olaf Scholz, alors maire de Hambourg, lui adresse une lettre manuscrite l’invitant à devenir citoyen allemand, Peterfalvi vit un véritable tourment intérieur. Il accroche la lettre sur son réfrigérateur, où elle le questionne quotidiennement pendant deux ans. Comment peut-il, petit-fils d’une déportée d’Auschwitz, accepter la nationalité du pays qui a persécuté sa famille ? Cette interrogation le hante. Par ailleurs, il doit étudier l’histoire allemande pour réussir le test de naturalisation, révisant des événements parfois douloureux. Finalement, après un long cheminement, il décide d’accepter : « J’ai vécu plus de la moitié de ma vie en Allemagne, je suis à moitié Allemand », explique-t-il. Le 3 novembre 2017, Olaf Scholz lui remet personnellement son acte de naturalisation, scellant officiellement cette double identité.

Depuis quelques années, Peterfalvi a ajouté une dimension pédagogique à son travail. Il a commencé à intervenir régulièrement dans les lycées allemands. Ces échanges portent sur la démocratie, la tolérance, l’antisémitisme, l’histoire franco-allemande. Inquiet des dérives populistes en Europe, Peterfalvi considère que l’humour peut être un outil d’éducation citoyenne : « Je ne vais pas changer le monde mais si je peux amener les jeunes à réfléchir, tant mieux », confie-t-il.

Sa méthode de travail allie professionnalisme et improvisation. Bien que ses sketches soient écrits et répétés, il laisse toujours une place à la spontanéité, particulièrement lors des micros-trottoirs où les réactions imprévisibles des interviewés constituent le sel du format. Cette capacité à rebondir sur l’inattendu, à intégrer les accidents dans le flow comique, fait partie de son talent. De plus, contrairement à beaucoup d’humoristes qui cherchent à provoquer pour choquer, Peterfalvi cultive un humour sans méchanceté, une satire douce qui critique sans blesser. Cette approche explique pourquoi il est si largement apprécié : même quand il se moque, on sent l’affection.

Son rapport aux médias et à la célébrité reste humble. Malgré sa notoriété en Allemagne, il conserve une accessibilité rare, acceptant volontiers les sollicitations des écoles, des festivals, des médias régionaux. Il n’a jamais cherché à percer en France, acceptant pleinement que sa carrière soit allemande. Cette absence d’ambition internationale paradoxale témoigne d’une forme de sagesse : Peterfalvi a trouvé son public, son territoire, et il s’y épanouit pleinement.

Enfin, un détail touchant : un astéroïde porte désormais son nom de scène. L’astéroïde (233707) Alfons a été baptisé en son honneur, consécration cosmique pour un humoriste qui aura passé sa vie à construire des ponts terrestres entre deux cultures.

L’Héritage d’Emmanuel Peterfalvi (Alfons) : Un Pont Culturel Unique

Influence sur l’Humour Franco-Allemand

Emmanuel Peterfalvi occupe une place absolument unique dans l’histoire de l’humour francophone et européen. Il est probablement le seul humoriste français à avoir bâti l’intégralité de sa carrière en Allemagne, devenant une star dans un pays qui n’est pas le sien, tout en conservant son identité française comme marque de fabrique. Cette trajectoire singulière a ouvert une voie nouvelle dans l’humour interculturel européen.

Son influence se mesure d’abord à l’affection que lui portent les Allemands. Surnommé « l’humoriste français préféré des Allemands » par la presse, il remplit systématiquement les salles lors de ses tournées. Cette popularité ne repose pas uniquement sur le talent comique, mais sur une relation de confiance construite sur plus de 30 ans. En se moquant des deux cultures avec la même tendresse, Peterfalvi a démontré qu’il était possible de faire de l’humour sur les différences nationales sans verser dans le mépris ou le cliché facile. Son approche a probablement influencé toute une génération d’humoristes travaillant sur les questions identitaires et culturelles.

Place dans le Patrimoine Culturel et l’Amitié Franco-Allemande

La consécration officielle est venue en 2021 avec la Croix fédérale du mérite (Bundesverdienstkreuz), l’une des plus hautes décorations civiles allemandes. Cet honneur ne récompense pas seulement un humoriste talentueux, mais un véritable ambassadeur culturel. À travers ses spectacles, émissions et interventions scolaires, Peterfalvi contribue concrètement au rapprochement franco-allemand, pilier de la construction européenne.

Son travail dans les lycées allemands illustre parfaitement cette dimension éducative. En utilisant l’humour pour aborder des sujets graves comme la Shoah, l’antisémitisme et la démocratie, il prouve que le rire peut être un vecteur de transmission mémorielle et civique. Les enseignants témoignent régulièrement de l’impact de ses interventions sur les élèves, qui retiennent mieux ces messages délivrés avec humour et émotion.

La pérennité de son œuvre semble assurée : Puschel TV continue d’être diffusé et rediffusé, ses micros-trottoirs circulent largement sur Internet, ses spectacles tournent en permanence. Plus fondamentalement, Alfons est devenu un personnage de la culture populaire allemande, un référent quand on évoque les relations franco-allemandes. Cette inscription dans l’imaginaire collectif dépasse largement la simple notoriété d’un humoriste : Peterfalvi a créé un archétype, celui du Français en Allemagne, qui restera probablement longtemps après lui.

D’un point de vue sociologique, son parcours interroge les notions d’identité nationale et d’intégration. Comment peut-on être pleinement accepté dans un pays en cultivant précisément ce qui vous en distingue ? La réponse d’Alfons est limpide : en transformant la différence en richesse, en faisant de l’altérité un sujet de dialogue plutôt que de conflit. Dans une Europe traversée par des crispations identitaires, cette leçon prend une résonance particulière.

Questions Fréquentes sur Emmanuel Peterfalvi (Alfons)

Où est né Emmanuel Peterfalvi ?

Emmanuel Peterfalvi est né le 17 mars 1967 à Paris.

Quand Emmanuel Peterfalvi a-t-il commencé sa carrière en Allemagne ?

Il est arrivé à Hambourg en 1991 dans le cadre d’un service civil volontaire, et a débuté sa carrière télévisuelle en 1994 dans l’émission Kalkofes Mattscheibe.

Quels sont les spectacles les plus connus d’Emmanuel Peterfalvi ?

Ses spectacles les plus connus sont Jetzt noch Deutscherer et Wo kommen wir her?, ainsi que son émission culte Puschel TV avec ses micros-trottoirs absurdes.

Comment Alfons a-t-il marqué l’humour franco-allemand ?

Il a créé un pont culturel unique en transformant les clichés franco-allemands en humour rassembleur, devenant l’humoriste français le plus populaire d’Allemagne.

Quel est le style d’humour d’Emmanuel Peterfalvi ?

Son style mêle satire douce, questions absurdes, observation sociale et jeu sur l’accent français exagéré, le tout sans méchanceté.

Emmanuel Peterfalvi a-t-il remporté des prix ?

Oui, il a reçu la Croix fédérale du mérite allemande en 2021. Il a également été naturalisé allemand en 2017.

Où peut-on voir les spectacles d’Alfons ?

Ses spectacles tournent régulièrement en Allemagne, ses émissions sont diffusées sur ARD et SWR, et des extraits sont disponibles sur YouTube et les réseaux sociaux.

Pourquoi Alfons intervient-il dans les lycées allemands ?

Depuis plusieurs années, il utilise l’humour pour sensibiliser les jeunes à la démocratie, la tolérance, l’antisémitisme et l’amitié franco-allemande.

Quelle est l’histoire familiale d’Emmanuel Peterfalvi ?

Sa famille a été marquée par la Shoah : sa grand-mère maternelle, Erica Grünfeld, a été déportée à Auschwitz et a survécu. Cette histoire a profondément influencé son œuvre et sa décision de devenir allemand.

Emmanuel Peterfalvi (Alfons) : Un Pilier de l’Humour Européen

Emmanuel Peterfalvi incarne la preuve vivante que l’humour peut transcender les frontières et construire des ponts entre les peuples. En transformant son statut d’étranger en force comique, en faisant de son accent une signature artistique, il a créé un personnage unique dans le paysage humoristique européen. Alfons n’est pas simplement un humoriste qui fait rire : c’est un passeur de culture, un ambassadeur du rire partagé, un artiste qui démontre quotidiennement que nos différences peuvent être source de joie plutôt que de conflit.

Ses contributions majeures dépassent largement le cadre du divertissement. En interrogeant avec malice et profondeur les identités nationales, en utilisant l’humour pour transmettre la mémoire de la Shoah, en accompagnant les jeunes générations dans leur réflexion citoyenne, Peterfalvi fait œuvre utile. Sa naturalisation allemande, vécue comme un déchirement avant de devenir une évidence, symbolise parfaitement la possibilité d’appartenir pleinement à deux cultures sans en trahir aucune.

Aujourd’hui, l’influence contemporaine d’Emmanuel Peterfalvi continue de rayonner en Allemagne et au-delà. Ses spectacles sold-out, ses émissions toujours diffusées, ses interventions scolaires régulières témoignent d’une popularité intacte après plus de 30 ans de carrière. Dans une Europe parfois tentée par le repli identitaire, Alfons rappelle avec humour et humanité que la rencontre des cultures est une richesse, que l’altérité peut être célébrée, et que le rire demeure l’un des plus beaux langages universels.

Découvrez d’autres portraits d’humoristes qui ont marqué l’humour francophone sur HUMORIX, l’encyclopédie de référence de l’humour français et européen.

Références et Sources

  1. Wikipedia FR – Emmanuel Peterfalvi (consulté janvier 2026) – https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Peterfalvi
  2. Wikipedia EN – Alfons (comedian) (consulté janvier 2026) – https://en.wikipedia.org/wiki/Alfons_(comedian)
  3. Dokdoc.eu – « Je ne vais pas changer le monde mais si je peux amener les jeunes à réfléchir, tant mieux » (11 avril 2025) – https://dokdoc.eu/fr/2023/12/14/je-ne-vais-pas-changer-le-monde-mais-si-je-peux-amener-les-jeunes-a-reflechir-tant-mieux/
  4. Jüdische Allgemeine – « Irgendetwas ist defekt bei uns » (7 février 2025) – https://www.juedische-allgemeine.de/kultur/irgendetwas-ist-defekt-bei-uns/
  5. La Libre – « En Allemagne, prononcer le mot Auschwitz dans une salle de spectacle glace le public » (9 août 2024) – https://www.lalibre.be/international/europe/2024/08/09/en-allemagne-prononcer-le-mot-auschwitz-dans-une-salle-de-spectacle-glace-le-public-2SCVH3ZOE5GJLI2BHUGO62XVK4/
  6. Stadthalle Singen – Pressespiegel – https://www.stadthalle-singen.de/artikel.-Einblicke-in-eine-Komiker-Seele-.18622.124.html
  7. Bonjour Alfons – Site officiel SWR1 – https://www.swr.de/swr1/bw/programm/sendungen/bonjour-alfons
  8. NDR – « Deutscher Pass für den Franzosen mit Puschel-Mikro » (4 novembre 2017)
  9. SR – « Verdienstkreuz für Kabarettist Peterfalvi » (31 août 2021)

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