Fanny Ruwet à l’Olympia

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Fanny Ruwet à l’Olympia

Fanny Ruwet a inauguré 2026 à l’Olympia le 2 janvier avec son spectacle On disait qu’on faisait la fête, marquant une étape symbolique pour la nouvelle génération du stand-up francophone. À 31 ans, l’humoriste belge s’installe dans l’un des temples parisiens de la scène, quatre ans seulement après avoir réservé son premier créneau de scène ouverte au Kings of Comedy Club de Bruxelles « avant même d’avoir écrit quoi que ce soit ».

De chroniqueuse radio autodidacte à tête d’affiche de l’Olympia, Fanny Ruwet incarne une trajectoire devenue emblématique d’une génération qui a grandi entre podcasts, vidéos virales et humour noir assumé. Son parcours dit quelque chose de l’évolution du stand-up francophone : moins de formatage, plus d’authenticité, et une capacité à remplir de grandes salles avec un humour qui refuse le consensuel.

Retour sur l’ascension d’une artiste qui transforme les névroses en matériel comique, et qui prouve qu’on peut conquérir l’Olympia sans passer par les circuits traditionnels.

De Huy à l’Olympia : L’Itinéraire d’une Autodidacte

Les débuts radio et l’apprentissage solitaire

Née en 1994 dans la campagne de Huy, Fanny Ruwet n’a suivi aucune formation d’humoriste. Diplômée de l’IHECS en communication, elle débute à la radio sur Pure (RTBF) en 2014, où elle anime successivement Mes années 2000 puis Radar, avant de lancer son propre studio de podcasts J’aime Bien Quand Tu Parles en 2017, premier réseau belge de podcasts francophones.

C’est en septembre 2018 qu’elle franchit le pas du stand-up, en réservant un créneau de scène ouverte au Kings of Comedy Club de Bruxelles par pure curiosité. Dans une interview accordée à France Télévisions, elle confie avoir appris le métier « dans son salon » avec des manuels en anglais comme The Comic Toolbox, refusant délibérément les formations classiques par peur « d’en sortir formatée ».

Le déclic arrive en 2019 avec une vidéo intitulée Malaise, où elle partage sa « technique infaillible pour obtenir le silence dans le train ». L’extrait fait plus d’un million de vues en trois semaines sur Facebook, puis atteint 17 millions de visionnages. Ce buzz inattendu lance sa carrière : quelques mois plus tard, elle remporte le concours Next Prince of Comedy et entame une tournée avec son premier spectacle Bon anniversaire Jean.

France Inter et la légitimité médiatique

À partir de novembre 2019, Fanny Ruwet devient chroniqueuse hebdomadaire dans La Bande originale présentée par Nagui sur France Inter, avec sa rubrique La drôle d’humeur de Fanny Ruwet. Pendant cinq ans, elle y déploie un humour noir et tendre qui détonne dans la matinale, avant de quitter l’émission en décembre 2024 pour se concentrer sur sa tournée.

Cette exposition médiatique régulière lui permet de toucher un public bien au-delà des cercles du stand-up. Elle partage l’affiche avec Roman Frayssinet, Paul Mirabel, Marina Rollman, Alex Vizorek, Baptiste Lecaplain, et se produit dans des événements majeurs comme le Montreux Festival. En 2022, elle participe à l’écriture de la série Netflix Drôle, créée par Fanny Herrero, aux côtés de Thomas Wiesel, Shirley Souagnon et Jason Brokerss.

On Disait qu’On Faisait la Fête : Humour Existentiel et Autodérision

Un spectacle qui questionne sans répondre

Après le succès de Bon anniversaire Jean (disponible sur Canal+), Fanny Ruwet revient avec On disait qu’on faisait la fête, son deuxième one-woman-show. Le spectacle, rodé au Zèbre de Belleville avant de partir en tournée, pose une série de questions existentielles que l’artiste qualifie elle-même de « drôles, inutiles et pertinentes » : Comment se faire de nouveaux amis en étant adulte et sobre ? Où vont les émotions qu’on refuse de ressentir ? Pourquoi ne fait-on plus de spectacles de fin d’année une fois adulte ?

Le pitch affiche d’emblée la couleur : « Le spectacle ne répond à aucune de ces questions, mais il a le mérite de les poser. » Cette approche, entre stand-up et monologue introspectif, caractérise l’écriture de Fanny Ruwet. Elle explore l’absurdité du monde adulte, les injonctions sociales, la solitude choisie, les cadeaux qu’on déteste mais qu’il faut feindre d’aimer, et cette impression permanente que « les autres font tous semblant de savoir quoi faire de leur vie ».

Une critique unanime

Les retours presse soulignent la maîtrise scénique et la singularité de son ton. Le Spot du Rire salue sa rigueur et sa capacité à tenir une salle sans effets faciles. Culture-Tops la qualifie de « reine de l’autodérision », tandis que Le Suricate loue son « humour thérapeutique » et sa capacité à « parler vrai sans pathos ». Sur les réseaux sociaux, les spectateurs saluent un spectacle « drôle, construit et d’une pertinence désarmante », avec « un fil rouge qui donne sens à l’ensemble ».

L’humour de Fanny Ruwet ne cherche pas le gag à tout prix. Il installe une complicité avec un public qui partage ses questionnements, souvent trentenaires en pleine confusion existentielle, introvertis sociables malgré eux, ou amateurs d’humour absurde mais sincère. Son écriture, décalée et tranchante, transforme les névroses en éclats de rire sans jamais verser dans le cynisme facile.

Olympia 2026 : Symbole d’une Génération

Investir les temples du rire sans passer par les circuits classiques

Jouer l’Olympia le 2 janvier 2026 est un signal fort. La salle mythique du boulevard des Capucines, qui a vu défiler les plus grands noms de la chanson et du spectacle français, accueille désormais une humoriste autodidacte, belge, trentenaire, qui a construit sa notoriété via des podcasts, des chroniques radio et des vidéos virales.

Fanny Ruwet fait partie d’une génération d’humoristes francophones qui redéfinit les parcours traditionnels. Comme Marina Rollman, Paul Mirabel ou Morgane Cadignan, elle n’a pas attendu la validation des producteurs parisiens pour exister. Elle a construit son audience en multipliant les formats (podcasts Les Gens Qui Doutent, court-métrage Bingo, roman Bien sûr que les poissons ont froid publié en 2023), en assumant un ton personnel et en refusant de lisser ses aspérités pour plaire au plus grand nombre.

Le stand-up francophone, laboratoire d’une parole décomplexée

L’ascension de Fanny Ruwet illustre une mutation plus large du stand-up francophone. Depuis le milieu des années 2010, la scène française s’est enrichie de voix plus diverses, moins formatées, souvent venues de Belgique, de Suisse ou du Québec. Ces artistes partagent une approche de l’humour plus introspective, plus noire, plus assumée dans ses névroses.

Fanny Ruwet en est une figure emblématique : elle parle de dépression, de solitude, d’inadaptation sociale, de doutes permanents, mais sans misérabilisme. Son humour ne cherche pas à rassurer, il observe. Elle transforme le malaise en matériel comique, avec une distance qui permet au public de rire de ce qu’il reconnaît chez lui.

Dans une interview accordée à La DH en janvier 2026, elle confie : « Je pars du principe que sur scène, tout ce que je dis, je dois pouvoir le dire dans une conversation frontalement à quelqu’un. Si j’aborde des sujets où ce sont d’autres personnes que moi qui sont concernées, et c’est très rare parce que je suis très égocentrique, je dois pouvoir le faire face à cette personne. »

Une Carrière Multiforme

Au-delà du stand-up

Parallèlement à ses spectacles, Fanny Ruwet multiplie les projets. Son podcast Les Gens Qui Doutent, qu’elle produit depuis 2017, reçoit des artistes comme Paul Mirabel, Kyan Khojandi, Pomme, Marina Rollman, Lou Doillon ou Augustin Trapenard. Le format, intime et sans filtre, permet des conversations longues où l’humour côtoie la vulnérabilité.

En 2022, elle participe à l’écriture des séquences de stand-up de la série Netflix Drôle, créée par Fanny Herrero (auteure de Dix pour Cent). Aux côtés de Thomas Wiesel, Shirley Souagnon et Jason Brokerss, elle contribue à donner une authenticité aux personnages d’humoristes de la série, en s’inspirant de situations vécues sur la scène parisienne.

En mars 2023, elle publie son premier roman Bien sûr que les poissons ont froid aux éditions de L’Iconoclaste, prolongeant dans l’écriture littéraire son univers décalé et mélancolique. Elle réalise également le court-métrage Bingo et continue ses collaborations avec Proximus pour des vidéos humoristiques dans les festivals.

Une tournée internationale

Après l’Olympia, Fanny Ruwet poursuit sa tournée en France, en Belgique, en Suisse et au Canada. Elle a joué au Cirque Royal de Bruxelles (1700 places), au Palais de la Musique de Strasbourg, et dans des salles comme le Colisée de Roubaix, le Trocadéro de Liège ou La Ruche à Charleroi. Dans une interview récente, elle confie : « Aller au Canada en termes de rentabilité, ce n’est pas idéal, mais j’ai quand même voulu y aller car j’aime tellement cet endroit et sa culture. »

Cette dimension internationale confirme la porosité croissante entre les scènes francophones. Fanny Ruwet, comme d’autres artistes belges ou suisses, ne se limite plus à son marché national. Elle circule, teste son matériel devant des publics variés, et contribue à forger une identité stand-up francophone qui dépasse les frontières.

À Savoir / Informations Pratiques

Fanny Ruwet – On disait qu’on faisait la fête

  • Date Olympia : 2 janvier 2026, 20h (spectacle passé)
  • Durée : 1h20
  • Tournée 2026 : France, Belgique, Suisse, Canada
  • Prochaines dates : consultez fannyruwet.com
  • Tarifs moyens : 25-45€ selon salles
  • Spectacle précédent : Bon anniversaire Jean (disponible sur Canal+)
  • Podcast : Les Gens Qui Doutent
  • Roman : Bien sûr que les poissons ont froid (L’Iconoclaste, 2023)
  • Réseaux : @fannyruwet (Instagram, 165K abonnés)

Ruwet, Miroir d’une Génération

Fanny Ruwet à l’Olympia, ce n’est pas seulement l’histoire d’une humoriste qui remplit une grande salle parisienne. C’est le symbole d’une génération qui a redéfini les codes du stand-up francophone, en refusant le formatage, en assumant l’imperfection, et en construisant des carrières via des chemins alternatifs.

Autodidacte, transfrontalière, multiformate, Fanny Ruwet incarne ce que le stand-up francophone est devenu depuis une décennie : un laboratoire d’expérimentation où la vulnérabilité devient force comique, où l’humour noir n’est plus marginal mais central, et où les grandes salles s’ouvrent à des artistes qui parlent vrai.

Son spectacle On disait qu’on faisait la fête ne répond à aucune des questions existentielles qu’il pose. Mais il fait quelque chose de plus précieux : il dit à son public qu’il n’est pas seul à ne rien comprendre à l’âge adulte. Et c’est peut-être ça, finalement, le génie comique de Fanny Ruwet.

Sources :

  • Sortir à Paris – « Fanny Ruwet à l’Olympia : un nouveau spectacle pour commencer 2026 », 05/06/2025
  • France Télévisions / Envoyé Spécial – « Fanny Ruwet, humoriste autodidacte », 12/05/2022
  • Wikipédia – « Fanny Ruwet », consulté le 16/01/2026
  • La DH / Les Sports+ – « Le Grand Entretien avec l’humoriste Fanny Ruwet », 03/01/2026
  • L’Officiel des Spectacles – Fiche spectacle Olympia, janvier 2026
  • Colisée de Roubaix – Biographie Fanny Ruwet, 2025
  • AlloCiné – « Drôle sur Netflix : la créatrice de Dix Pour Cent s’empare du monde du stand-up », 17/03/2022

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